Centre Georges Chevrier - Sociétés et sensibilités
UMR 7366 - CNRS uB

Atelier de recherche


Penser la/les transition(s)
Histoire et sciences sociales devant les urgences du temps


Séminaire 2018-2019


Organisation :

François Jarrige et
Jean-Louis Tornatore (CGC UMR CNRS uB 7366)



29 novembre 2018
de 14 h. à 17 h.

Lieu :
uB – 2 bd Gabriel
Salle 319
(3e étage du bâtiment droit)


(accès/informations pratiques ici)


Critique de l'agriculture urbaine

 

 

Présentation

L'agriculture urbaine a signé un retour en force au début du XXIe siècle. On la croyait disparue, sacrifiée sur l’autel du progrès et de la modernité, engloutie sous le béton et le bitume, mais elle revient à la conquête de nos rues et nos quartiers, de manière aussi inattendue que fulgurante. Rien ne semble pouvoir arrêter son développement, d’autant qu’elle se retrouve à présent parée de toutes les vertus, sommée de répondre quasiment à elle seule aux maux de nos cités, et promu en outil fondamental des politiques de transition écologique. Environnement, lutte contre le changement climatique, autonomie alimentaire, emploi, lien social, santé : cultiver en ville mobilise désormais tous les secteurs et acteurs urbains, à commencer par les élus locaux. Ces derniers, en faisant aujourd’hui de l’agriculture urbaine un instrument d’aménagement et de communication, ont d’ailleurs largement contribué à son nouvel essor. À travers la présentation de divers terrains concrets, cette séance s'attachera à présenter les promesses et ambiguïtés de l'agriculture urbaine, le champ des possibles dont elle est porteuse pour expérimenter une justice sociale et environnementale, mais aussi les profondes ambiguïtés qui traversent ces expériences.

 

Programme



 

  • Antoine Lagneau : Agriculture urbaine, déjà la fin de (la belle) histoire ?

 

L’agriculture urbaine connaît en France, depuis environ dix ans, un essor continu. S’il y a encore quelques années nous pouvions penser qu’il s’agissait d’une mode, nous nous trouvons désormais face à un phénomène qui s’inscrit dans le temps. Son retour dans les métropoles occidentales, (après un déclin débuté au milieu du XXe siècle) est communément daté du début des années 70, à New York quand un groupe de New-yorkais emmené par une artiste plasticienne, Liz Christy, investit des friches urbaines. Baptisé Guerilla Gardening, ce mouvement qui va très vite se répandre dans toute l’Amérique du Nord ouvre des espaces collectifs sous forme de community garden (jardins communautaires) où se cultivent le lien social mais aussi fruits et légumes. Lille est la première ville en France à accueillir en 1998 un jardin communautaire. Au milieu des années 2000, la notion d'« agriculture urbaine » resurgit véritablement pour qualifier globalement ce mouvement en plein essor, favorisé par des collectifs d’habitants déjà investis, pour beaucoup, dans des luttes urbaines, sociales et environnementales. En 2014, à l’occasion des élections municipales, apparaît distinctement, dans les engagements électoraux de plusieurs candidats, des références à l’agriculture en ville. Quatre ans plus tard, celle-ci est devenue un instrument de politiques publiques, en matière notamment d’urbanisme et de développement économique mais aussi pour favoriser la nature en ville tout en mettant en valeur sa fonction alimentaire.

Aux côtés des collectivités, une autre catégorie d'acteurs s'intéresse à l'agriculture urbaine. Elle regroupe les géants de l’agro-alimentaire les aménageurs et promoteurs immobiliers ainsi que les multinationales spécialisées dans les services urbains.

Carrefour et Auchan (en finançant ou en implantant des fermes urbaines ou des projets de cultures sur le toit de leurs hypermarchés), Bouygues Construction (avec son bureau d’étude opportunément baptisé « Ferme urbaine ») mais aussi Vinci, Veolia, Suez, tous ces groupes investissent dans l’agriculture urbaine tout en étant partie prenante du développement des smart cities. Tout sauf un hasard car dans ces villes « intelligentes », l’agriculture urbaine se décline en « 3.0 » : tours maraîchères high-tech, serres ultra-connectées et supports de cultures hors-sol branchés à des microprocesseurs et autres capteurs électroniques.

La débauche de technologie n’empêche pas ces mêmes acteurs de continuer à parler de permaculture et de saisonnalité des produits, pour rester dans l’air du temps… Cette pratique du grand écart, se retrouve dans la stratégie de développement tout azimut du géant de la distribution Auchan.

En 2018, le groupe annonce avec force communication, son intention de créer cinquante fermes urbaines d'ici 2020 autour de ses magasins, avec un slogan millimétré "Du bon, du sain, du local". Dans le même temps Auchan s’apprête, via sa filiale immobilière Ceetrus, à bétonner quatre vingt hectares de terres arables en banlieue parisienne, pour construire Europa City. Présenté comme le plus grand centre commercial et de loisirs du monde, celui intègre piste de ski indoor mais aussi sur son toit,... une ferme maraîchère taille XXL.

Un exemple parmi d'autres du détournement par ces acteurs des notions de développement durable ou bien encore de la transition écologique. Ici, l’agriculture urbaine se voit assigner une véritable fonction de foodwashing, pour masquer la consommation de terres agricoles.

Face à cette stratégie économique, il apparaît nécessaire de définir avec précision les contours du rôle joué par l’agriculture en ville, tout particulièrement en termes d’alimentation. La fonction alimentaire doit elle encore être mise en avant pour développer l'agriculture urbaine ? Et si cela est le cas, de quel type d’alimentation parlons nous, produite de quelle façon et au bénéfice de quelle population ?

Qu'en est il de la fonction sociale, culturelle mais aussi pédagogique voir même spirituelle, au sens de la reconstruction du lien entre le citadin et la nature, entre l’homme et la terre ?

Une série de questions que l'on retrouve dans les travaux de Louiza Boukharaeva et Marcel Marloie, deux chercheurs qui ont développé la notion d' « urbains sans terre » en faisant référence aux citadins privés d'accès à la terre et au sol vivant. Dans leurs travaux, ils mettent en exergue la nécessité de développer une agriculture urbaine familiale (face à l’agriculture urbaine professionnelle) en mettant l'accent sur les jardins collectifs, pour que chacun bénéficie de la multifonctionnalité liée à cette forme agricole.

Du fait qu’elle alimente les attentes et les ambitions contradictoires (voire inconciliables) d’acteurs multiples, l’agriculture urbaine est désormais au centre d’un jeu complexe.

Face à des mastodontes économiques désireux de se créer de nouveaux marchés, à des promoteurs flairant de juteuses plus-values immobilières et à des élus locaux souhaitant faire de leur territoire une vitrine politique, la belle histoire de l’agriculture urbaine serait-elle déjà menacée ?

 

Pour aller plus loin

Lagneau A., L'agriculture urbaine, déjà la croisée des chemins ?, Barricade, 2018.  

 

Bibliographie rapide et sélective

  • Anguelolowki I., « Justice environnementale » in D'Alisa, Giacomo, Demaria, Federico, Kallus, Giorgos [dir.], Décroissance, vocabulaire pour une nouvelle ère, Le Passager Clandestin, 2015, p. 103-109
  • Aubry C. et al, « Agriculture urbaine et enjeux de santé. Territoires, incubateurs de santé ? », Les Cahiers de l’IAU îdF, n° 170-171, septembre 2014, p. 73-74.
  • Baudelet L. et al, « Jardins partagés. Utopies, écologie, conseils pratiques », Terre Vivante, 2008.
  • Baudry S. « Les community gardens de New York City : de la désobéissance civile au développement durable », Revue française d’études américaines, 2011/3 (n° 129).
  • Brondeau F. [dir.], « Cultiver la ville,de la diversité des pratiques et des formes d’appropriation citoyennes », Géographie et Cultures, n° 101, 2018.
  • Boukharaeva L., Marloie M., « L’utilisation des sols urbains et péri urbains pour le développement humain durable des villes : une alternative au modèle pavillonnaire » - programme de recherche GESSOL « Fonctions environnementales et GEStion du patrimoine SOL », 2013.
  • Cahn L., Deligne C., Pons-Rotbardt N., Prignot N., Zimmer A., Zitouni B., Terres des villes. Enquêtes potagères de Bruxelles aux premières saisons du 21e siècle , Paris, Éditions de l'Éclat, 2018.
  • Costes L., « Le droit à la ville de Henri Lefebvre : quel héritage politique et scientifique ? », Espaces et sociétés, 2010/1 (n° 140-141).
  • Faburel G., Les Métropoles barbares – Démondialiser la ville, désurbaniser la terre , éd. Le Passager clandestin, 2018.
  • Harvey D., Le capitalisme contre le droit à la ville - Néolibéralisme, urbanisation, résistances , Editions Amsterdam, août 2011.
  • Hubaut S. [dir.], « La Ville en herbe – Propositions pour un maillage vert de l’agglomération de Liège », Dérivations, HS n° 2, décembre 2016.
  • Lagneau A., Fonction alimentaire, sociale, écologique... Qu’attendons-nous de l’agriculture urbaine ?, Fondation de l’Écologie politique, 2016.
  • Mathis C. F., Pépy E. A., La Ville végétale – La nature en milieu urbain – France XVII e-XXIe siècles , éd. Champ Vallon, 2017.
  • Pourias J., « Maraichage et élevage urbaine : quelle contribution à la justice alimentaire », in Lagneau A. et al [dir.], Agriculture urbaine : vers une réconciliation ville-nature, Le Passager Clandestin, 2015, p. 257-269.
  • Zask J. La démocratie aux champs, La Découverte, mars 2016.
  • Gessol.

 

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  • Flaminia Paddeu : Cultiver les friches à Detroit. Réflexions sur le rôle des mouvements de justice alimentaire en contexte de décroissance urbaine

 

Cette présentation est inspirée d’un travail doctoral en géographie mené sur les mouvements associatifs populaires de justice environnementale dans le Bronx et de justice alimentaire à Detroit (Paddeu 2015). À partir d’une méthodologie qualitative d’enquête ethnographique, il avait pour objet d’évaluer la capacité des actions locales associatives, au moyen de la réappropriation des friches urbaines, à reconfigurer les conditions de vie quotidienne dans les quartiers défavorisés.

Pour la séance du séminaire « Penser la/les transitions » portant sur l’agriculture urbaine, j’ai voulu mettre l’accent sur la manière dont les associations de justice alimentaire d’un quartier de l’East Side de Detroit pratiquaient et légitimaient l’agriculture urbaine en contexte de décroissance urbaine. Face à la « crise des affamés et des repus » (Patel 2007), les tenants de la justice alimentaire font le constat que le partage des bénéfices et des risques concernant les lieux, les produits et la façon dont la nourriture est produite et transformée, transportée et distribuée, accessible et mangée, reste inéquitable (Agyeman & Mc Entee 2014 ; Gottlieb & Joshi 2010). Dans le contexte de décroissance urbaine qu’a connu Detroit (Sugrue 2005), les mouvements de justice alimentaire utilisent ainsi l’agriculture urbaine pour répondre d’une part aux problèmes posés par les « déserts alimentaires » (Taylor & Ard 2015), où les habitants ne peuvent se procurer des aliments sains à des prix abordables, et d’autre part aux troubles qui accompagnent une vacance urbaine massive (Dewar, Seymour & Druta 2015).

Ce qui ressort de notre enquête, c’est d’abord que l’agriculture urbaine permet l’augmentation de l’accessibilité et la sécurité alimentaire, avant tout pour les habitants impliqués et de manière plus marginale pour le reste des habitants du quartier. Elle permet aussi d’améliorer la qualité alimentaire et nutritionnelle (aliments frais et sains), via une alimentation culturellement appropriée à la population locale afro-américaine, tandis qu’elle participe à une montée en compétences, sur un plan pédagogique et professionnel, pour une minorité d’habitants. Par ailleurs, elle participe à une reconfiguration de l’environnement urbain local à travers une série d’actions visant à réduire les effets néfastes de la décroissance urbaine. Enfin, elle est utilisée comme une stratégie de justice sociale, via une lutte pour les droits des minorités ainsi qu’une contestation du système alimentaire conventionnel et des modalités dominantes de propriété.

Pourtant le caractère partiel et controversé de ces bénéfices questionne la capacité de ces mouvements à proposer des options visant à transformer les conditions de vie locales dans les marges territoriales. L’enquête de terrain a mis en lumière quelques points d’achoppement autour des difficultés de ces mouvements à mettre en pratique et à transformer le système alimentaire. La première limite concerne l’échelle d’action qui privilégie une approche locale « place-based » (Dupuis & Goodman, 2005) et ne parvient pas à modifier la « géométrie de pouvoir » (Massey 1994) inégalitaire (voir Reynolds & Cohen, 2016). La deuxième concerne les niveaux finalement hétérogènes d’acceptation, d’intérêt et de participation à l’agriculture urbaine des habitants (voir Draus, Roddy & McDuffie, 2014). Dans le cadre d’un essor rapide de l’agriculture urbaine, la troisième limite réside dans la persistance ou le renforcement de rapports de pouvoir inégaux et des valeurs culturelles de la « whiteness » (Guthman 2008). Enfin, la quatrième limite concerne un accès au foncier et aux ressources injuste (voir Safransky, 2014), exacerbé par des politiques de rétrécissement planifiées et entrepreneuriales (voir Hackworth 2015).

En définitive, le cas des mouvements associatifs pour la justice alimentaire dans les quartiers marginalisés de Detroit montre que les tenants de la justice alimentaire restent confrontés à une position d’entre deux délicate, tentant d’une part de s’attaquer aux injustices sociales et raciales tout en essayant d’autre part de réparer localement un système alimentaire défaillant. Mieux appréhender les transformations en cours implique néanmoins d’identifier les processus sous-jacents qui façonnent différents modèles d’agriculture urbaine alternative, tels que les régimes des politiques urbaines, ou les tensions entre des collectifs humains aux engagements contradictoires. C’est finalement une manière de rester sensible aux problèmes que génèrent les alternatives comme aux voies qu’elles ouvrent.

 

Bibliographie indicative

  • Agyeman J. et McEntee J., « Moving the Field of Food Justice Forward Through the Lens of Urban Political Ecology: Moving the Field of Food Justice Forward », Geography Compass, 8, no 3, 2014, p. 211-20.
  • Béal, V., Fol, S., et Rousseau, M. 2016. « De quoi le “ smart shrinkage” est-il le nom ? Les ambiguïtés des politiques de décroissance planifiée dans les villes américaines », Géographie, économie, société, vol. 18, n° 2, p. 211‑234.
  • Clement, D. et Kanai, M. 2015. « The Detroit Future City. How Pervasive Neoliberal Urbanism Exacerbates Racialized Spatial Injustice », American Behavioral Scientist, vol. 59, n° 3, p. 369‑385.
  • Cohen N. et Reynolds K., Beyond the kale: Urban agriculture and social justice activism in New York City , Athens: University of Georgia Press, 2016.
  • Dewar, M., Seymour, E. et Drută, O. 2015. « Disinvesting in the City : The Role of Tax Foreclosure in Detroit », Urban Affairs Review, vol. 51, no 5, p. 587‑615.
  • Draus, P., Roddy. J. et McDuffie, A. 2014. « “We don’t have no neighbourhood” : Advanced marginality and urban agriculture in Detroit », Urban Studies , vol. 51, n° 12, p. 2523‑2538.
  • Dupuis M. et Goodman D., « Should we go “home” to eat?: toward a reflexive politics of localism », Journal of Rural Studies, 21, n o 3, 2005, pp. 359-71.
  • Gottlieb R. et Joshi A., Food justice , Food, health, and the environment, Cambridge, Mass: MIT Press, 2010, p. 224.
  • Guthman, J. 2008. « Bringing Good Food to Others : Investigating the Subjects of Alternative Food Practice », Cultural Geographies, vol. 15, n° 4, p. 431‑447.
  • Hackworth, J. 2015. « Right-sizing as spatial austerity in the American Rust Belt », Environment and Planning A, vol. 47, n° 4, p. 766‑782.
  • Massey D., Space, place, and gender, Minneapolis: University of Minnesota Press, 1994.
  • Mogk, J., Kwiatkowski, S. et Weindorf, M. 2008. « Promoting Urban Agriculture as an Alternative Land Use for Vacant Properties in the City of Detroit : Benefits, Problems and Proposals for a Regulatory Framework for Successful Land Use Integration », The Wayne Law Review, vol. 56, n° 20, p. 1‑61.
  • Millington, N. 2013. « Post-Industrial Imaginaries : Nature, Representation and Ruin in Detroit, Michigan », International Journal of Urban and Regional Research, vol. 37, n° 1, p. 279‑296.
  • Morgan, K. 2015. « Nourishing the City : The Rise of the Urban Food Question in The Global North », Urban Studies, vol. 52, n° 8, p. 1379‑1394.
  • Paddeu, F. 2015. De la crise urbaine à la réappropriation du territoire. Mobilisations civiques pour la justice environnementale et alimentaire dans les quartiers défavorisés de Détroit et du Bronx à New York , thèse de doctorat de géographie dirigée par Cynthia Ghorra-Gobin et soutenue le 7 décembre 2015 à l’université Paris‑4 Sorbonne.
  • Paddeu, F. 2017. « Legalising urban agriculture in Detroit : a contested way of planning for decline », Town Planning Review, vol. 88, n° 1, p. 109‑129.
  • Patel, R. 2007. Stuffed and starved: Markets, power and the hidden battle for the world food system. London: Portobello Books.
  • Peck, J. 2012. « Austerity urbanism : American cities under extreme economy », City, vol. 16, n° 6, p. 626‑655.
  • Pothukuchi, K. 2015. « Five Decades of Community Food Planning in Detroit : City and Grassroots, Growth and Equity », Journal of Planning Education and Research, vol. 35, n° 4, p. 419‑434.
  • Safransky, S. 2014. « Greening the urban frontier : race, property, and resettlement in Detroit », Geoforum, vol. 56, p. 237‑248.
  • Schilling, J. et Logan, J. 2008. « Greening the Rust Belt : A Green Infrastructure Model for Right-Sizing America’s Shrinking Cities », Journal of the American Planning Association, vol. 74, n° 4, p. 451‑466.
  • Sugrue T., 2005, The origins of the urban crisis, Princeton, Princeton University Press, [1996], 416 p.
  • Taylor D. et Ard K., 2015, “Food Availability and the Food Desert Frame in Detroit: An Overview of the City’s Food System », Environmental Practice, n°17, 102-133.
  • Tornaghi, C. 2014. « Critical geography of urban agriculture », Progress in Human Geography, vol. 38, p. 551‑567.
  • White, M. 2011. « D-Town Farm : African-American Resistance to Food Insecurity and the Transformation of Detroit », Environmental Practice, vol. 13, p. 406‑417.

 

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