Centre Georges Chevrier - Sociétés et sensibilités
UMR 7366 - CNRS uB

Atelier de recherche


Penser la/les transition(s)
Histoire et sciences sociales devant les urgences du temps


Séminaire 2018-2019


Organisation :

Stéphane Gacon, François Jarrige et
Jean-Louis Tornatore (CGC UMR CNRS uB 7366)



16 mai 2019
de 14 h. à 17 h.

Lieu :
uB – 2 bd Gabriel
Salle 319
(3e étage du bâtiment droit)

(accès/informations pratiques ici)

Manger autrement

 

 

Présentation

 

L’historien américain Warren Belasco a souligné que, dans l’histoire des Etats-Unis, les appels à « manger autrement » étaient étroitement liés aux grandes inflexions économiques, sociales et politiques. Il a tout particulièrement étudié les mouvements de protestation des années 1960-1970 et la contre-culture sur laquelle ils ont débouché dans laquelle la question alimentaire occupe une place centrale, de l’exploitation des parcelles inoccupées dans les villes à la constitution de communautés rurales et à la mise en place d’une véritable contre-cuisine. La séance reviendra sur ces expériences qui touchèrent l’ensemble du monde occidental et s’efforcera de les mettre en perspective historique en s’appuyant sur l’exemple des nombreuses communautés anarchistes de la « Belle Epoque » et de l’entre-deux-guerres qui cherchèrent à mettre en pratique une autre façon de vivre, en particulier dans une logique « naturienne ».

 

Programme


  • Anne Steiner (sociologue, SOPHIAPOL-EA 3932, Université de Paris Ouest Nanterre) :
    Raison et libre examen contre préjugés et tradition : les anarchistes individualistes et l’alimentation (1900-1914)

Convaincus qu’il faut commencer à se transformer soi-même si l’on envisage de transformer le monde, les individualistes anarchistes s’efforcent de vivre en anarchistes ici et maintenant, dans un souci constant de perfectionnement de soi-même sur tous les plans. Aussi s’efforcent-ils d’éliminer de leur alimentation tous les éléments inutiles ou néfastes pour restreindre au maximum leurs dépenses, seul moyen de limiter le volume de temps contraint et d’accéder à la « vie belle et intense ». Cette recherche de la sobriété les a conduit à s’interroger sur les conventions, aussi bien bourgeoises que populaires, en matière alimentaire et vestimentaire pour rejeter toutes celles qui leur apparaissaient non conformes à la raison et à leur idéal de vie.

  • Michel Antony (Utopies et Alternatives aujourd’hui, Besançon) :
    L'alternative libertaire et naturienne : une pensée et des expérimentations pré-décroissantes dans les années 1920 et 1930 ?

Naturistes, naturiens, naturianistes… et autres végétaliens et abstinents… Des militants qui se veulent cohérents pensent le monde autrement et tentent de vivre en accord avec leurs idées pour respecter la nature et tous les êtres vivants. L'alimentation notamment végétalienne s'accompagne de méthodes autogestionnaires et anti-autoritaires, de contrôle de la natalité (génération consciente) et de propositions pédagogiques libertaires…

 

Toutes les séances du séminaire 2018-2019 ici

Pour une science engagée des transitions

Axes de recherche