Centre Georges Chevrier - Sociétés et sensibilités
UMR 7366 - CNRS uB

Atelier de recherche


Penser la/les transition(s)
Histoire et sciences sociales devant les urgences du temps


L'énergie, entre addition et transition


Contributions :
Appel à communication/ Call of papers au format pdf : Colloque Face à la puissance. Une histoire des énergies alternatives et renouvelables à l’âge industriel (XIXe-XXe siècles), 22-23/03/2018

Journée d'études du 17/05/2017
Additions et transitions énergétiques régionales du Moyen Âge à nos jours : le cas de la Bourgogne (8 pages)


Contributeur :
François Jarrige


Intranet

Si l’histoire des sociétés contemporaines est celle d’une série de « transitions », on se demandera ici comment les historiens peuvent réinvestir cette question à partir de leur boîte à outils. L’idée de transition désigne-t-elle un changement historique pacifique, sans violence, marqué par le réagencement des liens plutôt que leur destruction ? Dans ce cas, elle est d’emblée au cœur de nombreuses réflexions classiques sur les dynamiques historiques du capitalisme et l’évolution des rapports sociaux. Interroger les formes contemporaines des transitions invite donc à revenir sur les formes passées qu’on les appelle « révolution », politique ou industrielle, « développement », ou encore « désindustrialisation ». Chacun de ces termes insistait sur un aspect différent du processus, sa brutalité, son aspect progressif et mélioratif, ses ravages sociaux ou environnementaux.

En bref, alors que les pouvoirs publics entendent promouvoir un nouveau système social et énergétique durable, soutenu par des agences régionales comme l’ADEME nées dans le contexte des crises énergétiques des années 1970, il s’agit d’enquêter sur les transitions du passé, leurs formes, les luttes incessantes qui les ont modelées, les multiples manières dont les acteurs les ont pensées. Au-delà des seules politiques publiques, l’enjeu sera de prendre en compte tous les acteurs du processus, notamment les ouvriers et les groupes dominés. L’enjeu sera aussi de penser les configurations contemporaines en repartant des mutations des révolutions dites « industrielles » des 18e et 19siècles, qui voient le passage d’une société organique à un monde minéral inédit – s’agit-il d’une transition ? – jusqu’aux dynamiques d’industrialisation et de désindustrialisation qui accompagnent les réagencements globaux du capitalisme de la deuxième moitié du 20siècle. Il s’agira aussi d’explorer comment la prise en compte de l’histoire peut  intervenir dans la réflexion sur les transitions ? Comment les acteurs du passé ont-ils pensé, vécu, réagi, face aux bouleversements des systèmes sociotechniques qui modelaient leur vie ? Alors que se multiplient les mythes et les prophéties visant à conjurer l’effondrement, comment interroger le métabolisme socio-énergétique des sociétés passées et leurs mutations ? Comment penser son articulation avec les échelles micro, nationales et globales ; et comment reconstruire l’évolution de longue durée des additions et transitions énergétiques successives qui ont accompagné l’industrialisation des sociétés contemporaines ?

Pour une science engagée des transitions

Axes de recherche