Centre Georges Chevrier - Sociétés et sensibilités
UMR 7366 - CNRS uB

Atelier de recherche


Penser la/les transition(s)
Histoire et sciences sociales devant les urgences du temps


Faire transition dans le social


Contributions :

Contributrices :
Marielle Poussou-Plesse, Sonja Kellenberger


Intranet

À partir de travaux sociologiques ou de sciences politiques sur la protection sociale, l’intérêt général d’une réflexion de fond sur l’idiome de la transition peut être présenté comme une contribution originale aux réflexions sur les métamorphoses de la régulation politique. Plusieurs pistes problématiques peuvent être pressenties :


  • Autour des agendas politiques de réforme : de manière générale, toutes les réformes se faisant au nom de la protection sociale (quel que soit le secteur précis auquel elles s’appliquent – emploi, retraite, santé, pauvreté et minima sociaux, etc.) sont des laboratoires pour analyser un travail conflictuel de sélection/reconfiguration par rapport à l’héritage d’un « modèle social » plus ou moins sanctifié.

  • Autour du courant du « making transitions pay » (contre le « making work pay » du welfare libéral) reposant sur l’idée qu’il faut équiper les individus d’un certain nombre de nouveaux droits sociaux à transition, dans le sens d’une allocation qualitative, et non purement quantitative, du facteur travail par le marché (Gazier et al. 2014). Les « marchés du travail transitionnels » reposent sur la distinction entre « transitions critiques » (celles par exemple qui condamnent le/la précaire d’aller d’emploi non qualifié en emploi non qualifié) et « bonnes transitions » (« organiques ») i.e. les mobilités qui font solidarité tout en donnant et en entretenant des ressources personnelles d’autonomie. L’interrogation concernant ce courant est sa profonde dépendance à une conception marchande du travail. La volonté d’humaniser ledit marché du travail conduit à une généralisation du raisonnement économiciste. C’est une hypothèse qu’il faudrait étayer : la distinction entre bonnes et mauvaises transitions repose sur le schème théorique basique qu’il faut réduire les externalités négatives du marché du travail pour capter les externalités positives.

  • Les scénarii de transition proposés par les économistes et les statisticiens et contribuant à des  evidence-based policies. On voit le retour d’un positivisme assez benoît, qui se présente sous les atours de la modestie : approche gradualiste des petits changements à conduire au niveau privilégié des comportements des gens, mise en place des bonnes incitations pour peser sur leurs décisions (cf. la nouvelle économie comportementaliste). Dans le cas précédent, cela correspond à l’idée selon laquelle la pauvreté peut être résolue en partant des individus, par la généralisation de micro-expériences ayant fait la preuve de leur efficacité pour lever les freins à l’enrichissement des pauvres.

Pour une science engagée des transitions

Axes de recherche