Centre Georges Chevrier - Sociétés et sensibilités
UMR 7366 - CNRS uB

Atelier de recherche


Penser la/les transition(s)
Histoire et sciences sociales devant les urgences du temps


Que peuvent les sciences sociales à l’heure des transitions ?


Intranet

De ces réflexions et questionnements, découle in fine, sans doute de manière latérale, mais non secondaire, une question qui nous engage en tant que chercheurs : que peuvent les sciences ? Que peuvent les scientifiques ? Doivent-ils être réduits au rôle d’auxiliaires et contribuer à l’acceptabilité sociale des technologies de la transition (compteurs intelligents, nudges verts, etc.). Doivent-ils accepter d’être réduits au rôle d’experts et de techniciens chargés d’accompagner le processus, guidés par les États et les grands groupes, en rendant possible les projets de remodelage de la terre ? Comment faire en sorte que les scientifiques deviennent responsables, c’est-à-dire attentifs aux conséquences de leurs pratiques et aux buts de leurs recherches ? Au-delà de la neutralité axiologique, malheureusement souvent revendiquée comme paravent, l’heure est plus que jamais aux réflexions épistémologiques sur ce qui organise le partage des savoirs et des pouvoirs qui les fondent.

Ces questions sont posées lorsqu’une université revendique pour elle le mot de « transition », au travers d’un projet plus que contestable répondant au programme national Initiative d’excellence – Science-Innovation-Territoire (tout un programme !), et d’un réseau dont on comprend alors la portée fonctionnelle (donner du grain à moudre, faire tourner les logiciels, mobiliser les laboratoires, assurer les promotions individuelles, rendre compétitif). Il nous paraît que penser les transitions, qu’elles soient socio-écologiques ou autrement qualifiées, doit passer par une critique serrée de ce projet et de ce réseau en tant qu’ils sont des dispositifs, soit, au sens foucaldien du mot, des lieux de croisement du savoir et du pouvoir.

Pour une science engagée des transitions

Axes de recherche